Mission et sorcellerie en Afrique de l’Ouest


Du 7 au 9 août, la communauté ICOF 20I9 a eu la joie d’accueillir dans ses murs le frère franciscain, Boniface Kouassi, Dr en philosophie et en théologie, professeur à l’UCAO d’Abidjan. Il nous a entretenus sur le sujet énigmatique et ambigu de la sorcellerie
Selon frère Boniface, nous pouvons retenir de la notion de sorcellerie au moins trois idées essentielles :
-La sorcellerie est « un factum » : il n’y a pas d’argument capable de supprimer l’existence de la sorcellerie, car c’est un fait ; elle ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis la nuit des temps. C’est une réalité qui est toujours d’actualité à travers le monde.
-La sorcellerie est réelle : La sorcellerie est douée d’une existence réelle et tous les peuples ont des croyances et expériences qui expliquent cette existence et parfois ses manifestations, selon les initiés. Ce serait une erreur de nier son existence, mais on est libre d’y croire ou pas.
– Du « sorcier » et de la sorcellerie en Afrique
Selon Père Hebga, toutes les langues africaines ont un nom pour désigner la sorcellerie et ou la personne qui la pratique : le sorcier, un homme étrange qui appartient au monde de la nuit, des ténèbres et du mal.
Il est à noter que la double caractéristique exotérique et ésotérique du savoir et la conception de la sorcellerie sont difficiles à appréhender :
-Un savoir exotérique : un savoir de masse ; très général, vague, sommaire, stéréotypé, idéologique que l’on dit le jour et publie impunément.
-un autre savoir ésotérique, occulte qui appartient à une élite ; un savoir confié seulement la nuit ; que l’on ne publie pas impunément.
Ce savoir se fait par initiation ; élection et par choix. Il se dit en signe, symbole, geste, souffle et regard et pratiques.
Etant donné que nous sommes dans de différents services et apostolats, l’accent a été mis aussi sur la place qu’occupent les discours et rumeurs autour dela sorcellerie au sein des communautés chrétiennes. Le frère Boniface nous a rappelé la responsabilité des agents pastoraux dans l’Eglise. Ces derniers selon lui doivent prendre conscience et reconnaître la place du combat spirituel à mener chaque jour pour lutter contre les esprits qui nous éloignent de Dieu et mettent en nous la peur ou le vide. L’ignorance de certaines choses dans ce domaine pousse certains agents à déserter les lieux du combat aux côtés des fidèles.
Pour bien mener le combat spirituel, frère Boniface nous exhorte à la régularité dans la confession, à l’assiduité dans la lecture et la méditation des Saintes Ecritures, au pardon donné et reçu, à la fidélité aux vœux évangéliques et engagements communautaires, à la récitation quotidienne du St Rosaire. Tout ceci nous permettra de faire face aux discours, aux pratiques et activités de la sorcellerie, qui n’ont pas cependant le dernier mot dans la vie d’un chrétien : C’est la foi en Jésus Christ, l’Envoyé du Père et son Esprit Saint qui est à l’œuvre en nous.

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